Le cancer de la prostate à Kira hospital : aspects épidémiologiques, cliniques, thérapeutiques et évolutifs
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Date
2021-03
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Publisher
UB, Faculté de Médecine
Abstract
Introduction : Le cancer de la prostate, malgré les avancées étonnantes en matière de prise en charge, reste un problème de santé publique dans le monde en général et en Afrique à plus haut degré du fait du manque de plateau technique et de revenu socio économique très bas. Ainsi, un dépistage et diagnostic précoce permettrait une réduction de la morbidité et de la mortalité liées au cancer de la prostate.
Objectif : Etudier les aspects épidémiologiques des cas de cancer de la prostate traités à KIRA Hospital et évaluer leurs aspects cliniques, thérapeutiques et évolutifs.
Méthodologie : Notre travail est une étude rétrospective descriptive transversale portant sur 18 patients ayant été diagnostiqués de cancer de la prostate puis traités à KIRA Hospital durant une période de 28 mois allant du 1 er janvier 2018 au 30 avril 2020.
Résultats : L’âge moyen de nos patients était de 68 ans avec un pic entre 60 et 69 ans. Les motifs de consultation prédominants étaient : les lombalgies (79%), les rachialgies (57%), la dysurie (50%), l’incontinence urinaire et la rétention chronique d’urine à 38% chacune, les troubles neurologiques (29%), la pollakiurie (25%), l’AEG (18%), les douleurs des membres inférieurs (14%), l’hématurie et les brûlures mictionnelles avec 13% chacune la constipation (12%), les algies des mâchoires (7%), les gonalgies (7%), la dyspnée (6%) et l’acné (6%). Le TR a été suspect de malignité chez 71% des patients. Le taux de PSA était inférieur à 10 ng/ml chez 3 patients (18%) et le reste ayant un PSA supérieur à 20 ng/ml. 10 patients (59%) avaient un taux supérieur à
100ng/ml. L’examen histologique a été réalisé chez 17 patients et a mis en évidence 1 cas de tumeur neuroendocrine, les autres étant des adénocarcinomes. 16 patients sur 17, soit 94%, avaient déjà un cancer métastatique. L’autre patient était au stade localement avancé. Les métastases osseuses ont été prédominantes à 81% suivies de métastases de la vessie à 31%, de métastases ganglionnaires à 25% et des métastases pulmonaires à 6%. Sur les 17 patients, seulement 15 (88%) ont été sous traitement. Le traitement a été curatif chez un patient et était à base de radiothérapie externe associée à une hormonothérapie. Il a été palliatif dans les autres cas : 7 ont eu une hormonothérapie exclusive et le reste une chimiothérapie associée. Dans l’évolution, il a été noté 10 cas seulement d’observance du traitement et 3 cas (18%) ont été perdus de vue. L’évolution a été favorable dans 58% des cas et le taux de mortalité s’élevait à 24%. Nos résultats ont été analysés et comparés aux données de la littérature.
Conclusion : Le cancer de la prostate dans notre série était diagnostiqué à un stade avancé limitant sa prise en charge à un traitement palliatif chez la majorité des patients. La sensibilisation de la population, la subvention de la prise en charge du cancer de la prostate, la mise à disposition de la radiothérapie et des services d’anatomopathologie au Burundi pourraient améliorer son pronostic.
Description
Thèse présentée et défendue publiquement en vue de l’obtention du grade de Docteur en Médecine